03 juillet 2009
Couleuvres européennes et australiennes
Les Colubridae représentent environ 60% de toutes les espèces de serpents connues à ce jour. Plus de 1800 espèces réparties à travers toute la planète et ayant colonisé les milieux les plus variés.
En Europe, le genre Natrix est inféodé aux zones humides, les trois espèces (ou quatre, selon les auteurs) sont spécialisées dans la chasse subaquatique et se nourrissent de poissons et d'amphibiens.
L'Australie est le continent sur lequel la proportion de Colubridae est la plus faible au monde. En effet, et malgré l'incroyable diversité de ses biotopes, l'Australie abrite seulement 10 espèces de Colubridae, pour environ 200 espèces de serpents.
Le seul Natricinae australien porte le nom barbare de Tropidonophis mairii. Cette espèce occupe la même niche écologique que les Natrix européens (couleuvre à collier ou encore couleuvre vipérine, pour ne parler que des espèces présentes en France).

Couleuvre à collier - Natrix natrix - sur l'étang du Louroux, en Touraine.

Tropidonophis mairii lors de l'ingestion d'une grenouille - Rana deameli - le long d'une rivière de la péninsule du Cap York, QSL.
Les Natricinae sont de très bons nageurs et peuvent rester en apnée durant de longues minutes. Certaines espèces ont les yeux assez haut-placés ce qui leur permet de surveiller leur environnement tout en étant immergé (genre Nerodia d'Amérique du Nord). Ces espèces possèdent des écailles dorsales fortement carénées, ce qui leur donne un aspect rugueux.
Bien qu'il existe certains genres venimeux (Xenochrophis en Asie, par exemple), les Natricinae sont inoffensifs pour l'Homme.
07 juillet 2008
couleuvre vipérine VS vipère aspic
Bonjour,
Pas mal de gens ont du mal à faire la différence entre Vipère et Couleuvre.
Laquelle est venimeuse ? Laquelle vous saute à la gorge et vous "pique" impitoyablement ? Laquelle vit dans les hautes herbes ?
De nombreuses questions - souvent dues à des préjugés plus qu'à une réelle curiosité - qui se posent là, devant nous, telles la crotte de chien sur le trottoir humide, mais je ne glisserai pas dessus. J'y répondrai.
Vous l'aurez compris, je vais tenter de dégrossir un peu tout ça.
Commençons par les différences anatomiques :

À ma gauche (à la votre aussi), la Couleuvre vipérine - appelée ainsi car elle ressemble à une vipère, facile ...
À ma droite, la Vipère aspic - de la contraction du mot "vivipara" (vivipare, même si ce terme n'est pas approprié, en effet, chez les serpents on parle d'ovoviviparité et non de viviparité) et du nom d'espèce "aspis", car quand elle s'en veut, et bien la vipère aspic avec ses crochets. (humour débile, désolé).
Comme vous pouvez le constater, la couleuvre a les pupilles rondes et le museau arrondi alors que la vipère aspic possède des pupilles verticales (plus ou moins épaisses, selon la luminosité ambiante) et un museau retroussé.
De plus, les écailles sus-oculaires de la vipère sont saillantes, ce qui lui donne un air agressif.
Le jizz (terme technique, savant mélange de morphologie/proportions/manière de se mouvoir/sensation subjective) est aussi un moyen pour différencier les deux espèces.
À longueur égale, la vipère est deux à trois fois plus large que la couleuvre vipérine et sa tête est proportionnellement plus grosse. Les motifs dorsaux sont plus géométriques et la robe est bicolore chez la vipère alors que la couleuvre vipérine est parfois piquetée de taches jaunes sur les flancs.
D'un point de vue éthologique, il existe des similitudes et des différences :
Les deux espèces se rencontrent au bord des plans d'eau et des rivières (les bords de Loire sont bien connus pour leurs populations de vipères aspic). Par contre, dans les zones plus sèches - haies, bords d'autoroute, voies de chemin de fer, versants rocheux de moyenne montagne ... - seule la vipère aspic est présente.
La couleuvre vipérine est une espèce qui se nourrit exclusivement de poissons et d'amphibiens, c'est pourquoi elle ne fréquente que les zones humides. A contrario, l'aspic chasse des lézards et des micro-mammifères, d'où son ubiquité.
La vipérine est très bonne nageuse et peut rester en apnée plus de 20 minutes. La vipère aspic, elle, n'aime pas l'eau et ne nage pratiquement jamais.
En cas de menace - promeneur, pêcheur, photographe - la réaction première est la même chez les deux serpents : la fuite.
Si la menace grandit - promeneur curieux, pêcheur curieux, photographe - la couleuvre vipérine essaie toujours de fuir alors que la vipère se love et gonfle son corps d'air en émettant un sifflement d'avertissement.
Si la menace persiste encore - promeneur débile, pêcheur débile, photographe - la couleuvre vipérine largue le contenu nauséabond de ses glandes cloacales, elle essaie encore de fuir mais ne mord jamais. La vipère, mieux armée, attaque son agresseur en le mordant, tout simplement.

Malgré ma proximité, cette jeune aspic n'attaquera pas, confiante en son camouflage.







